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AJA – la « voie » révélée de Clémence Quélennec

By on 7 octobre 2019

Clémence Quélennec, la voix essentielle et scénique du groupe La Femme, nous ouvre les portes de sa sensibilité musicale avec la sortie de « Solitaire », son 1er EP semi-instrumental. Sonnant comme une visite guidée dans les méandres de son âme constellée, il ravira les oreilles les plus attentives et attentionnées pour la chanteuse, mais aussi celles des amateurs de musicalité électronique efféminée.

Composé de 5 mélopées électroniques Ambient, oscillantes entre la comptine terre-à-terre et les ambiances féeriques, « Solitaire » est illuminé par la joliesse des sons et le raffinement de ses arrangements. À l’exemple de la jolie pochette, la partition mélodique et « prospectrice » de « Lointaine Contrée » ouvre le EP comme on ouvre un livre de conte. Imagée d’élégance sonore Folktronica via le clavier baroque, ou Chill Out via ses samples bucoliques, le titre possède les premiers symptômes d’enchantement (le duo Air n’est pas loin). 

Aja invente la chanson tantrique sur « Dune solitaire », le tout premier single invitant l’auditeur à se laisser irradier sur la douceur de son parlé-chanté en osmose avec les sonorités stellaires et mélodie pyramidale. Façonné d’énergie analeptique et de toute beauté sonore, notamment avec l’apport de la harpe électrique de Naomi Greene, « Dune Solitaire » résonne déjà comme le premier titre culte d’Aja chez Josse Wave.

La trame musicale est plus composée sur le second extrait chanté « Rien Ne Se » qui flirte avec le ton nonchalant et innocent de la comédie musicale/pop avant de fructifier dans des ambiances électroniques mutantes, oniriques ou caressantes. Avec ses nappes synthétiques rappelant l’effet krautrock du fameux « Autobahn » de Kraftwerk et sa fusion de voix célestes trafiquées comme un doux Crystal Castles, le morceau est, au final, aussi singulier que remarquable.

Dominé par une impressionnante introduction Ambient-expérimentale, harmonisée à base de vocalises élégiaques sur des nappes synthétiques éthérées (que ne renieraient pas les allemands d’Hundreds), le titre « Hikari » touche à l’évidence. 

Entre l’exercice musical exacerbé par les vibrations féminines et le refrain chanté en japonais (de façon innée et bluffante), Aja, telle une geisha musicienne, pratique l’art orgasmique pour les oreilles. Épique.

Pour descendre de cette vive émotion, « Lunex » conclut l’EP, en déployant une boucle cosmique sans pesanteur, « belle à en crever ». Avec cette connotation instrumentale mélancolique, proche des magistrales faces B de Depeche Mode dans les années 80 (« Oberkorn », « The Great Outdoors », …) ou de l’unique vibration « Chill Out » des KLF, Clémence Quélennec démontre ses talents de compositrice et de productrice d’ambiance sonore précieuse avec une rare délicatesse. Passionnant.

Aja est née, vive Aja ! https://idol.lnk.to/Solitaire

Aja sera en concert à l’Aéronef de Lille, le mercredi 18 décembre 2019 : https://aeronef.fr/agenda/las-aves-18-dec-2019/

Retrouver l’interview d’Aja, réalisée au mois d’août dernier, dans l’article ci-dessous :

AJA – Croisière Liberté « Ambiental »

 

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