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GOOSE NONSTOP : Live Héroïque For Life

By on 1 octobre 2018

Très peu d’événements musicaux caritatifs peuvent fédérer en même temps force d’âme bienfaitrice et force musicale fondatrice avec un esprit de fête exceptionnel. Pourtant Goose, quatuor phare de la scène Synth-Electro-Rock des 15 dernières années en Belgique l’a fait avec Goose Non Stop For Life à Courtrai le samedi 29 septembre 2018.
En offrant à leur ville natale (partenaire de l’événement) leur nouveau show GOOSENONSTOP qui a triomphé le mois précédent au festival du Pukkelpop, Mickael Karkousse, Bert Libeert, Dave Martijn et Tom Coghe ont allié héroïsme musical à l’humanitaire pour un concert d’anthologie.

https://open.spotify.com/album/5a0Bpi4QzqhOUOZyDwbI6f

4 ans après avoir expérimenté le live De/Re Construction à la Buda Tower [ retrouvez mes articles de 2014 : https://cacestculte.com/tag/dere-construction/], le quatuor a inauguré ce coup-ci, d’une pierre de coup, la place Nelson Mandela (capacité de 15 000) où est siégé leur fameux studio d’enregistrement Safari Records (ouvert aux invités ce soir là, NDLR), tout en donnant le dernier grand concert open air de la saison. 

Avec son propre Dance Hall Arena et une scénographie solennelle façon Depeche Mode 80’s (Music For The Masses Tour), l’enceinte GOOSENONSTOP encerclée par les palissades et les boumeurs drapés à l’effigie du logo ou de ses typographies, avait tout du concert culte. 

Ce positivisme symbolique a fulminé plus encore quand le groupe est venu, ému, présenter au public son chèque de 80 000 euros, somme récoltée pour Artzen Zonder Grenzen (Médecins sans frontières en Belgique). Pour les avoir rencontré ainsi que ressenti leur émotion entre ce moment et l’entrée sur scène, je ne peux qu’admirer leur intégrité.

L’événement avait également tout d’un mini festival Techno, unique, autour de Goose où se sont joints les DJ’s set de Goldfox, Felix Da Housecat, Dimitri Andreas, et de John Noseda, friands de classiques Techno, House et de Mix Electroclash version 2.0. Mais, cerise sur le gâteau c’est avec le live exclusif de Digitalism en toute première partie de Goose, particulièrement jouissif dans son Electro pop, que le (jeune) public s’est échauffé. 

Dès que Goose fait son entrée sous les fumigènes pour attaquer « End Titles », l’impressionnante introduction du show NON STOP, on entre dans une autre dimension. 

Le combo nous invite à une véritable syntaxe de la culture du live Rock et de la scène Club qui arrache des frissons instantanément.

Avec ses boucles synthétiques façonnées à la Vitalic / Giorgio Moroder qui montent en crescendo, le public répond (déjà) par la transe, hurlant ou cantonnant la mélodie anthem de « Synrise » (qui sera joué qu’en tout dernier). Et quand les battements de la batterie s’y superposent, il explose comme un seul homme, hystérique et sautillant. C’est parti ! Goose envoie son odyssée NON STOP,  concept du méga show où il module, martèle et remix quelques-uns de ses tubes (majoritairement tirés des 2 premiers albums) via une performance analogique qui transcende d’énergie. Un hommage au « Blue Monday » de New Order (après le clin d’œil du t-Shirt porté par Mickael en début de tournée, NDLR) et sa boite à rythme mythique (mixée 3 fois dans les sets encadrant le live de Goose) est même bien ressenti (rebooté) sur l’introduction de « Bring It On ».

À gauche de la scène, Dave Martijn concentré au maximum derrière ses claviers apporte la touche Synthwave punker tel un jeune Jean Michel Jarre rebelle. À ses côtés le batteur Bert Libeert ne ménage pas ses baguettes et ses fûts pour donner au groove Electro une rythmique punchy 100% organique qui en fiche plein la vue et les oreilles (époustouflant sur la version métal électro d’ « Everybody »). Le chanteur Mickael Karkousse, grand et charismatique Frontman alterne entre le chant raffiné style feeling good vibes (« British Mode », « What You Need », « Call Me »), Rock attitude (bain de foule sur « Can’t Stop Me Now ») et dandysme christique (influence Dave Gahan). À droite de la scène, Tom Coghe, plus discret et énigmatique derrière son pupitre apporte la touche d’élégance Kraftwerk’ienne, tout en modulant les riffs Synth-Rock en sonorités jubilatoires (effets 8-Bit, Acid), séquelles de la New Beat.

Goose ne s’est donc pas contenté de copier-coller le live joué au Pukkelpop, puisque celui-ci est joué de façon extended avec des bonus. Visuellement, c’est à coup de lasers balayant l’arène, de boule à facette géante, stroboscope ou des gyrophares tournoyant que l’on mesure l’ampleur du set. L’ambiance n’est jamais retombée jusqu’au final épique des 10 minutes de « Synrise » joués ce soir là avec une émotion irrationnelle devant autant à la spiritualité du « Theme From a Great Cities » des Simple Minds (1981) qu’à la musicalité lumineuse d’ « Housewife » du musicien belge DAAN (2004) .

La Belgique a démontré une fois de plus son sens inné de la fête et de l’organisation du live (plateforme dédiée pour les handicapés, WC propres, nombreux bars et stands de restauration, bienveillance du service de sécurité, passerelle + Zone VIP confort etc.) mais surtout qu’elle possède avec Goose, son groupe indépendant le plus audacieux, créatif, performant, talentueux et généreux de sa génération. Nul doute le plus illustratif de l’histoire de la Belgique avec Front 242 pour les 80’s/90’s et Vive La Fête pour les années 2000. 

Grand respect pour la sincérité & la magie offerts NONSTOP  LIVE pour que vive la bonne cause et que vive la musique qui vient des tripes. GOOSENONSTOP : la claque de l’année !

extrait de "synrise" au cœur du public

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