Interviews Josse Wave

LAS AVES : aLive in Dunkerque

By on 28 novembre 2016

Il est peu banal qu’un groupe moderne et sensationnel comme les Toulousains de Las Aves se retrouve placardé à Dunkerque. La tentation de les revoir en concert dans ma ville natale s’est donc transformée en obligation. Même la régie de la salle Les 4 écluses m’est apparue aux anges, aux vues de l’enthousiasme communiqué sur les réseaux sociaux précédant l’événement. Il faut dire, l’unique album “ Die In Shanghai” paru en mai dernier est le fruit inédit et excitant d’un hybride Electro-Pop-Rock réalisé par un quatuor de 10 ans d’expérience qui sous son autre projet 100 % Post Punk organique de The Dodoz a su évoluer et se transmuter avec brio. Depuis, l’oeuvre aux 12 titres ne cesse de dévoiler ses arrangements intrépides, secrets d’entêtement de futur album culte. The Dodoz est peut-être mort à Shanghai, en attendant Las Aves is alive in Dunkerque ! Et Dunkerque est accueillante à souhait à voir le cuisinier du catering en pleine action préparer le chili con carne qui émane une odeur attractive, synchronisé avec l’arrivée de l’engageante Géraldine Baux suivie de ses complices Vincent Argiolas et Jules Cassignol.las_aves-philippe-mazzoni_2

 

[Le quatuor original est passé à la formule trio, après le départ récent du batteur Adrien Rossignol, parti sur un autre projet]

Avant Las Aves vous était formé sous le nom de the Dodoz durant 10 ans. Pourquoi avoir changé de nom alors que le line up est resté le même ?

En fait, c’est surtout la musique qui a changé avant même que l’on change de nom. On a commencé à recomposer après la tournée du deuxième album et on s’est rendu compte que l’on voulait faire les choses différemment. On avait envie de sortir un peu de nos habitudes et de ce que l’on savait déjà. Envie d’apprendre à utiliser de nouveaux instruments, à s’enregistrer tout seul. Et du coup de cela est sorti une musique différente que l’on a eu envie d’habiller différemment. De faire un nouveau projet tout en faisant une belle fin pour The Dodoz.

Et de démarrer quelque chose de neuf, car si j’ai bien compris, le changement est de vous être mis à la musique électronique ?

Ouai il y a un peu de ça. On a un peu changé notre façon de composer. C’est-à-dire qu’avant on enregistrait live sur bande en jouant tous ensemble dans une pièce et là, en fait, on était dans un home studio, donc techniquement cela nous a ouvert d’autres possibilités comme utiliser des synthés, des boîtes à rythmes…, ce genre d’instruments que l’on n’avait jamais utilisés auparavant.

Comment peux-t-on définir votre style en définitive, qui est assez varié  ?

C’est la grande question (rire).

J’ai remarqué quand même que vous avez qualifié votre musique de Art Pop et Future Wave sur Facebook, ce qui me plaît bien (évidemment) !

C’est ce qu’on essaye de créer… et d’inventer des noms à chaque fois. Mais là on commençait à tourner en boucle. Et Art Pop Future Wave, je pense que cela nous va bien comme c’est un mélange de plein de choses.

Comment s’est déroulée la collaboration majeure avec Dan Levy de The DO  à la production sur votre album “Die In Shangaï” ? C’est la tournée commune qui a lié la collaboration ?

dan-levyC’est l’inverse en fait. On s’était croisé sur une tournée commune quand on était encore sous le nom the Dodoz dans un festival du sud de la France. On ne s’était très vite fait parlé que l’on commençait l’album tout seul à Toulouse. Et au bout d’un moment lorsque l’on était satisfait de nos premiers morceaux, on a eu envie d’avoir un autre regard, de pousser un peu plus le truc. On a envoyé un mail à Dan en fait tout simplement. Il a écouté les démos et a de suite accroché. Il s’est senti proche en fait. Ce qui est assez marrant, c’est que The Do était en train de faire leur troisième que nous on n’avait pas encore écouté à ce moment-là, et au final, il y avait certaines envies assez proches. Du coup, il est venu nous voir et l’on a commencé à bosser ensemble comme cela, un peu dans le flou au début. Et ensuite on a continué et on fait l’album ensemble et la tournée après.

Alors, j’avoue, je vous ai découvert avant The Do, et j’ai adoré ! Une claque ! Notamment pour votre image sur scène. Pourquoi vous vêtir de blanc ?

L’idée était de s’unir un peu tous sous une même couleur et l’on aime bien en fait ce que, ça évoque. De tous être ensemble en blanc il y a un côté troublant un peu futuriste. On ne sait pas d’où on arrive avec à la fois un côté un peu clinique, un peu astronaute. On aime bien ce que cela donne.

(sous le ton de l’humour) Naïve New beater a copié sur vous, ou c’est vous…?

Je crois que c’est ni l’un ni l’autre…

Vincent : En tout cas on ne savait pas qu’ils s’habillaient en blanc avant de se rencontrer, puis ils ne sont pas vraiment en blanc en fait !

Géraldine : Ouai, ils se mettent des traces de peinture..;tout ça.

Dans certains titres comme N.E.M ou encore Perfect Mess (part2) l’atmosphère est un peu anxiogène style musique de films de fin du monde comme 28 jours plus tard de Danny Boyle…

Oui, cela marche pas mal ! C’est vrai, la fin de N.E.M en particulier.

Ce n’était pas volontaire donc ?

Vincent : Non mais je trouve que cela va vraiment bien…

En plus, il y aura une suite bientôt, “28 mois plus tard” !

Géraldine : Ah ! ben, on leur enverra. (motivée)

Donc Las Aves veut dire oiseaux en Espagnol. Vous avez des origines espagnol dans le groupe ?

Non pas du tout ! En fait, c’est un peu comme s’habiller en blanc, on aime bien que le nom n’évoque pas de courants musicaux, ni de date précise. Que ce soit un petit peu flou et déstabilisant.

Vous êtes plutôt genre oiseaux de nuit ? (Rire général)

On n’est pas oiseaux en fait, c’est cela qui est bizarre.

Vous sonnez complètement internationale, pas seulement parce que vous chantez en anglais, mais du fait des compositions et arrangements. J’ai eu du mal à réaliser que vous étiez français en réalité.

Ah ! merci ! (flattée)

J’ai l’impression d’entendre du Metric sur “Heartbeats” ou encore “Acid Years” du précédent EP “L.A”. C’est un modèle pour vous ?

Moi c’est un groupe que j’ai pas mal écouté. J’aimais vraiment beaucoup ce qu’ils faisaient donc ouai, ça fait plaisir, cela nous va bien. (Une autre référence bien ressentie, c’est le  style Electro-Rock Taïwanais à la Go Chichttp://www.youtube.com/user/GoChicTV1 ], du son et clips qui sont dans le même trip, mais Las Aves n’en a jamais entendu parler, NDLR)

Vous visez l’international ?

Oui, on aimerait bien… On a des trucs dans les tuyaux, mais comme rien n’est encore confirmé, on ne peut encore en parler (sourire)

Comme “tout le monde”, Géraldine, j’ai lu ton statut sur Facebook (de la veille), que tu étais victime en quelque sorte du sexisme…

Enfin victime…heu… tout va bien (rire)

Parfois n’est-ce pas justement avantageux d’être la seule fille dans le groupe… d’être quand même un peu chouchoutée?

Chouchoutée pas spécialement… je ne crois pas.

Les femmes se mettent de plus en plus en avant dans les groupes. Qu’en penses-tu ?

C’est vrai que l’on entend de plus en plus les filles qui parlent du sexisme ordinaire auquel parfois, elles sont confrontées. Nous aussi on avait envie de parler de cela, d’expliquer pourquoi on avait réalisé notre trilogie de clip sur des filles différentes à des endroits différents. C’est pour cela aussi que l’on s’habille de blanc pour ne pas trop différencier les sexes entre nous. Au final, on est 4 personnes sur scène et non pas 3 garçons et 1 fille.

Comme c’est la Saint Catherine, un petit message pour les Catherinettes ? (rire général)

Ben soyez libres et puis on s’en fout de la Saint-Catherine (en riant)

Votre forte énergie sur scène provient de toi ? ou du groupe  ?

Elle provient de toutes nos parts, de celles que l’on a gardées des The Dodoz. On a toujours aimé ce côté très défouloir de la scène, presque animal où vraiment il y a une sorte de lâcher-prise auquel on est vraiment attaché. Que ce soit de notre part ou de la part du public présent, on aime bien qu’il y ait quelque chose qui se crée et d’assez physique au final.

Est-ce que l’on peut s’attendre à un Second opus ?

Oui, mais peut-être pas de suite. On est actuellement sur le live. On a beaucoup travaillé le show et passé beaucoup de temps sur chaque son pour faire évoluer le show. Là on sera le 15 décembre à la maroquinerie à Paris, on va jouer aussi à Londres le 03 décembre. Donc notre but est de faire les meilleurs live possibles et quand il reste un peu de temps, on compose.

L’affiche de la tournée, c’était un clin d’oeil à Kraftwerk ? 

Oui absolument !

LE LIVE AUX 4 ECLUSES DE DUNKERQUE

C’est dans une ambiance fumigée et feutrée que Las Aves a envoyé son show d’une maîtrise absolue. Les atouts de la salle les 4 Ecluses, de son cadre sobrement industriel à sa sonorisation puissamment intelligible, semblent être en totale phase avec la performance futuriste de nos 4 musiciens. las-aves-guitariste Au premier rang, à moins d’un mètre du plateau des machines de Jules illuminé d’un halo de lumière, je suis comme immergé d’une énergie revigorante que les sons et attitudes du trio rebondissant, entre ou avec les instruments, canalisent chaque instant. La performance de Géraldine, de son timbre vocal diamétralement féminin, au chant dûment travaillé en passant par les soubresauts engendrés, est admirable. Le nouveau batteur Hugo, professionnel de surcroît, ne ménage pas ses baguettes et fûts pour que la rythmique soit massive. Le show dévie même interactif lorsque Vincent visite la foule avec sa guitare. 1 heure de show sans aucun temps mort résonnant comme 1 heure de tube croisant  différent style comme lElectro-Rock, le Hip-Hop, le RnB, Le Dub, la Dream Pop et j’en passe, avec tant de démonstration scénique, mérite l’admiration et la fédération dont a fait preuve le public dunkerquois.

LAS AVES sera de retour dans la région au Grand Mix de Tourcoing le jeudi 26 janvier 2017. http://www.legrandmix.com/pages/concert.php?date=2017-01-26&heure=19-00

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