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NOUVELLE VAGUE inonde de brio à « Hau’Rock »

By on 28 mai 2019

Dire que le glamour a investi la scène du centre culturel à Haubourdin pour la 5e édition Hau’Rock, le samedi 25 mai 2019, est un euphémisme. En effet, en programmant la célèbre formation Nouvelle Vague connue pour ses performances uniques des reprises des classiques de la New Wave en version Bossa Nova, précédée en première partie de l’émoustillante Paprika Kinski, étoile montante régionale de l’Electro-pop universel, les organisateurs ont bichonné les oreilles sensibles et les âmes féminines.

La soirée placée sous le karma du charme a plus particulièrement offert au public un show poignant de Nouvelle Vague, qui pour son 15e anniversaire et en formule quintette semi-acoustique, a renoué non seulement avec l’originale de 2004, mais aussi a témoigné de sa quintessence musicale arrivée à maturité et couronnée par le talent.

Marc collin, ému, entre les muses Phoebe Killdee & Mélanie Pain.

Paprika Kinski échauffe les amateurs d'Electro-pop sucrée

La séduction débute avec l’Electro-Pop suave que concocte Paprika Kinski entourée de ses 2 musiciens, Aurélien Gaïnetdinoff à la guitare et de Johnny Boom Golightly aux Drums-Pad. Vêtue d’un kimono japonais enveloppant une robe à paillettes, Paprika Kinski couronnée reine queer sur la tête, provoque son répertoire teinté de sonorités exotiques 80’s + 90’s, avec l’attitude mi-taquine et mi-romantique d’une jeune artiste naïve. 

L’effet recherché fonctionne idéalement et on se laisse embarquer par les chansons alternant les ballades électroniques langoureuses, comme sur son dernier single en date « Mean Boy » ou de l’indie-pop mélodieuse dansante de « Steady Lover », avec un plaisir coupable. 

Ceci, malgré le confort suprême inattendu des 500 fauteuils oranges qui agrémentent la salle de manière vintage, ainsi que par le tacle ironique lancée par la chanteuse se qualifiant de co**asse et estimant que si le public la trouve sympa, il n’en pense pas moins car, pressé qu’elle termine pour laisser place à Nouvelle Vague. Tout en précisant, qu’étant elle-même fan du combo, elle comprend. L’ambiance est donc chauffée à blanc, et pas même les 2 gros éventails servant de décor, ne sauront faire baisser la température cérébrale. Cerise sur le gâteau, la jeune femme joue en avant-première la plupart des titres de son futur EP « Diamond Queen » (sortie prévue le jour de la fête de la musique) ainsi qu’une reprise étonnante et sensuelle de « Supersonic » d’Oasis. C’est sûr, l’excentricité scénique de Paprika Kinski n’a pas fini de donner du piquant à l’audience.

Dans la pénombre, les poils se hérissent avec les premières nappes d’orgue synthétique qui introduisent le grandiose « Fade To Grey » de Visage, car, sublimées par l’entrée vocale envoûtante de Mélanie Pain, qui descend lentement les escaliers à travers le public, suivie de l’australienne Phoebe Killdeer, habitée d’un sex-appeal inné. Sur scène, le tintement à réverbération de la guitare d’Olivier Libaux accompagné par des sons d’oiseaux nocturnes me retentit à l’ouïe comme du Pink Floyd/Archive. L’atmosphère théâtrale et le son optimal (Bravo Hau’Rock ! ) mariés à l’effet nostalgique du titre m’imprègnent d’une connotation émotionnelle profonde. C’est la troisième fois que je vois Nouvelle Vague, et la troisième fois que je succombe aussitôt à la magie. Le show sous forme de Best-of propose une setlist riche et variée de leurs meilleures reprises, comme le prouve l’enchaînement de « Bizarre Love Triangle » de New Order beaucoup plus légère, suivie de « I Wanna Be Setated » des Ramones que domine le jeu de scène burlesque de Phoebe Killdeer

Le contraste entre les 2 chanteuses est fusionnel et fascinant. D’un côté, il y a l’élégance rétro de Mélanie Pain, précieuse et délicate. De l’autre, il y a le timbre vocal grave et l’attitude provocante de Phoebe Killdeer. Tandis que le trio masculin, Marc Collin en tête (mais aussi le plus éloigné du public) est concentré sur ses instruments.

Le duo excelle de complicité sur les prestations communes, « Even Fallen in Love » ou avec l’affriolant « Too Drunk To Fuck » qui rappelle que Nouvelle Vague en live est aussi un show interactif où le lâcher prise est de mise. Le public se lève enfin des fauteuils « scotchants », testés et validés par le groupe lui-même l’après midi, durant la répétition de Paprika KinskiLa performance évolue en intensité et en expérimentation Jazzy ou plus ambient, notamment sur « Enola Gay” d’OMD interprété à fleur de peau par Mélanie ou avec la performance à couper le souffle de Phoebe sur « Bela Lugosi ». L’éternel « Love Will Tears Us Apart », aussi culte qu’avec Joy Division, déclenche les larmes aux yeux et la reprise du refrain en chœur avant le rappel. Le choix de la reprise de Depeche Mode avec « Just Can’t Get Enough » me déçoit un peu car, sans le rythme fou des percussions vécu au W-Festival en 2018, le retentissement tombe forcément à plat. Mais, qu’importe, le magnifique « In a manner of Speaking » joué royalement au mélodica piano semble justement affilié au son de Depeche Mode de l’époque débutante de Martin-L-Gore (le titre est repris également sur son premier album solo « Counterfeit », en 1989, NDLR.), et vient clore le set avec hédonisme une puissance mélodique rare. Car, en définitive la virtuosité du projet est hautement plus émouvant et récompensant sur scène qu’en studio.

Nouvelle Vague a soufflé ses 15 bougies un samedi soir à Haubourdin, (« The Place To Be », qui l’aurait cru ?), mais c’est le public qui a été gâté. Bravissimo.

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