Chronique

VIVE LA FÊTE Magistral Final au W.Festival

By on 23 août 2018

Qui d’autre que les Belges de Vive La Fête pouvaient clôturer en beauté la troisième édition du W.Festival, à Amougies (BE) le dimanche 19 août 2018 ? 

Avec une programmation hétéroclite regroupant sur 4 jours plus de 60 groupes et artistes, majoritairement issus des scènes rétro New Wave ou Synthpop, d’ex stars des années 80 (Kim Wilde, Marc Almond…), de ponts apparents entre l’EBM (Front Line Assembly…), le rock industriel (Die Krupps), la Techno trash (Lords Of Acid) et même la Bossa Nova sensuelle (Nouvelle Vague), le W.Festival a misé avec panache en choisissant le show Disco Rock des Vive La Fête pour son final. La place n’étant pas si aisée sachant que le groupe joue à 23 h 30 un dimanche, il est de plus l’exception qui confirme la règle (des Line Up) étant manifestement le plus prolifique et actif de ces 20 dernières années. 

Avec pas moins de 9 albums produits depuis l’année 2000 (débuté par le bien nommé « Attaque Surprise ») et une pléiade de hits single combinant la Synthpop à la chanson francophone, la New Wave avec le Disco Rock, la Pop indé avec la New BeatVive La Fête forment à eux seuls une syntaxe musicale au festival.

« Destination Amour », le dernier album en date paru en mars dernier (et trop peu médiatisé, NDLR), possède d’ailleurs l’aspect syntaxe, propre à leur carrière passée de l’underground à la hype et vice-versa :

Vive La Fête : Destination Amour

Emmené par le glamour énergique d’Els Pynoo, plus fascinante que jamais a 50 ans et par la posture mélomane de son amour de rockeur Danny Mommens, VLF en formule quintette (guitare, basse, batterie, Synthés) fait toujours preuve d’une maîtrise remarquable de la scène.  Rien d’étonnant à ce qu’une poignée du public ait fait le déplacement seulement pour les voir. Comme ces 2 jeunes Marseillaises rencontrées dans les premiers rangs et qui connaissaient absolument toutes les paroles de l’Anthem « Nuit Blanche », balancé comme traditionnelle ouverture du concert. Précédé de l’éternel « Danube Bleu » (Johan Strauss II) sous les fumigènes, le titre phare de l’époque Electroclash (2003) est joué à l’identique sur une belle montée de frissons via les guitares mélancoliques (mais positives) de Danny, façonnée à la The Cure.

S’ensuit une set liste dansante sous forme de Best-Of, rodée depuis la nuit des temps. Du sautillant rigolo « Schwarzkof » au Destroy Electro-Punk « Noir Désir », entrecoupés avec bonheur de 3 extraits du dernier album, VLF a régalé ses fans.

vive la fête, cru 2018, est encore plus mélodique & plus glamour

Les chansons « Toute La Nuit », « Samedi Soir » et « Mots Bleus » possèdent effectivement tous les ingrédients du son de VLF, basés sur le modèle culte « Fade To Grey » de Visage, entamé depuis le premier tube « Tokyo », joué également ce soir. 

D’une boucle de synthé rétro 80’s posée sur une basse grave en octave, additionnée d’une rythmique Disco-Rock, d’un riff de Guitare endiablée et enfin de la voix coquine d’Els Pynoo, VLF perdure la dynamique jouissive par une performance Rock’N’Roll. Jouée 100% live, elle fait même toute la différence avec la scène Synthpop basique.

Tandis qu’Els oscille vocalement, érotiquement, quelque part entre Lio et Nouvelle Vague (avec l’accent flamand irrésistible), le son ampli de réverbe, parfaitement équilibré entre les instruments, envoie la sauce avec punch. J’apprendrais d’ailleurs par la suite combien le groupe et Danny sont fier de leur (nouvel) ingénieur du son. Des modulations inédites à la basse développent le potentiel hypnotique de morceaux comme « Ne Touche Pas » ou « Jaloux » pour le plus grand plaisir des oreilles connaisseuses. Els Pynoo, pieds nus, les cheveux dans le mouvement, illustre tout du long le son physiquement, d’une souplesse sportive, via ses pas de danse sensuelle ou sauts tout en synergie. L’ambiance succombe au plaisir du lâcher prise avec le fameux « Je n’aime pas » scandée lors du classique « Maquillage ». Mais c’est avec une reprise électrisante de « Popcorn », quelque part entre Jean Michel Jarre et le Velvet Underground, que ne renierait pas un groupe plus récent comme les Français de La Femme, qu’explose l’adrénaline. Cerise sur le gâteau, votre « narrateur » est même invité à danser sur scène, au côté d’un MC efficace à souhait, comme il y a quelques années.

Le temps passe trop vite, cependant à l’instar du karma musical nostalgique du W.Festival, Vive La Fête a su y mettre une parenthèse enthousiasmante, en plus de l’immortaliser pour la suite de leurs aventures. Vive La Fête est belle et bien une machine sublime à vivre son temps. Une machine sublime qui a compté parmi les pionners, et comptera, nul doute, parmi le line-up d’une future édition au W.Festival. Vivat !

Dance on stage with Vive La fête, ok ok ça va, ça va !

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